CE QUI CHANGE EN SEPTEMBRE : TOUT, SAUF VOTRE SALAIRE
Par R. Dalpaye, qui attend toujours sa dernière facture papier — samedi 5 septembre 2026
Changement numéro un : l'arrêt maladie est désormais plafonné à 31 jours pour une première prescription. Trente et un jours, c'est-à-dire un mois — pour peu qu'on ait le bon goût de tomber malade un mois qui en compte 31. Les microbes, consultés, se sont engagés « à faire un effort de calendrier ». En cas de prolongation, le médecin devra la justifier noir sur blanc, ce qui offre au patient la fierté inédite d'être déclaré administrativement crédible.
Côté chômage, la rupture conventionnelle — ce divorce à l'amiable dont chacun ressort avec un sourire et un chèque — s'indemnisera trois bons mois de moins : quinze au lieu de dix-huit pour les moins de 55 ans. Une durée, assure l'Unédic, « parfaitement suffisante pour retrouver un emploi », calculée par des experts qui n'ont jamais eu quinze mois pour en retrouver un, puisqu'ils ne l'ont jamais perdu.
Vient ensuite la facturation électronique : toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir leurs factures via une plateforme agréée. Il en existe 135, soit, selon nos calculs, 134 de plus que le nombre de Français capables d'expliquer la réforme à table sans qu'on passe immédiatement au dessert. Rassurez-vous : votre facture de gaz voyagera à la vitesse de la lumière. Elle a pris 5,6 % pour le trajet, merci les tensions au Moyen-Orient.
Bonne nouvelle cependant : une aide arrive pour acheter une voiture électrique d'occasion, et MaPrimeRénov' ne financera plus les chauffages au gaz. La planète souffle, votre chaudière tousse, et une taxe sur l'ultra fast fashion s'attaque enfin au problème majeur de l'époque : le tee-shirt à 2 euros qui gratte et survit au premier lavage moins longtemps qu'un arrêt maladie.
POLLUEUR-PAYEUR, ÉPISODE 412
Depuis le 1er septembre, l'industriel qui rejette des PFAS dans l'eau paie une redevance de 100 euros par tranche de 100 grammes. Les PFAS, surnommés « polluants éternels », restent ainsi la seule promesse d'éternité accessible au contribuable français — largement devant le paradis et la dette.
À 100 € les 100 grammes, la nature a tenu à préciser qu'elle n'encaissait pas un centime. Elle se contente de stocker. C'est aussi une forme d'épargne.
En résumé : tout change, sauf le fond de votre poche, qui est fidèlement resté au fond de votre poche.
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